Le Menteur, de Corneille
Durée 2h30 – À partir de 12 ans
Distribution et mise en scène
GÉRONTE, père de Dorante Jean-Paul Audrain
DORANTE, fils de Géronte Jonathan Le Guillou
ALCIPPE, ami de Dorante et amant de Clarice Olivier Bruaux
CLARICE, maîtresse d'Alcippe Suzana Joaquim-Maudslay
LUCRÈCE, amie de Clarice Clara Beauvois
ISABELLE, suivante de Clarice Martine Delor
SABINE, femme de chambre de Lucrèce Marion Rif
CLITON, valet de Dorante Philippe Hazza
Mise en scène : Jean-Luc Jeener
Lumières : Jean-Luc Jeener
Costumes : Catherine Lainard
Né en 1949, auteur, metteur en scène, acteur et critique de théâtre, Jean-Luc Jeener dirige le théâtre du Nord>Ouest depuis sa création en 1997. Licencié en théologie, homme de théâtre et homme de foi, il prône un théâtre d’incarnation : l’acteur devenant le personnage dans un grand souci de vérité psychologique..
Quelques mots pour vous donner envie de voir ce spectacles
Depuis l’antiquité et Tertullien, l’Église condamne le théâtre comme feinte, mensonge et tromperie… Quand Corneille décide d’écrire une pièce qu’il intitulera Le Menteur, en 1644, c’est bien sûr d’abord pour se moquer avec esprit d'une pensée d'aussi courte vue.
Dans cette pièce, qui fut un des plus grands succès de l’époque, tout le monde ment, et pas seulement Dorante, mais c’est pour mieux montrer que la feinte est aussi occasion de vérités plus profondes et surtout que c’est un jeu qui met en valeur la virtuosité et l’intelligence des protagonistes. Corneille est là pour créer des personnages qui existent et pas pour condamner le mensonge. D’ailleurs la pièce se finit sur ce jugement admiratif de Cliton : « Vous autres qui doutiez s’il en pouvait sortir, Par un si rare exemple apprenez à mentir ».
Le mensonge requiert mémoire, ingéniosité, esprit, à propos, et surtout distance, comme le théâtre. Dorante en est un véritable artiste. C’est bien sûr aussi un fils détestable et un amant bien peu profond. Mais il n’y a ici pas une once de méchanceté et cela n’enlève rien à sa séduction, et toute la mise en scène de Jean-Luc Jeener met en avant le caractère vivant, jubilatoire et profondément authentique en fait du personnage. Derrière la feinte permanente, il y a une incarnation véritable et un souffle de vie et de joie qui sont vrais et sensibles. Dorante existe. Cette pièce est un hymne à la jeunesse et à sa sève. C’est d’ailleurs pourquoi le metteur en scène décide de finir sa représentation avec le début de la suite du Menteur, qui plus attendue et beaucoup moins réussie, se rappelle une obligation morale pour ne pas dire moralisatrice complètement absente du premier succès : le contraste est frappant. Le Menteur est un feu d’artifice jubilatoire et gai, une pure comédie, une ode au jeu où le spectateur n’a pas à bouder son plaisir. C’est léger et virtuose et Jonathan Le Gillou incarne ce plaisir de jouer avec une énergie et une fougue qui font merveille. Le refus des conventions (par exemple quand Clarice se fait passer pour Lucrèce mais que le metteur en scène ne les cache pas et montre que Dorante sait qu’il est joué) renforce ces mises en abîmes de jeu.
Ce Menteur est une allégorie décomplexée du théâtre et de sa vie, et cela fait du bien.
Le Menteur, de Corneille, le 11 août à Monétay, le 12 août à St Félix et le 13 août à Veauce
Date et heure
Lieu
Adresse
Troupe
2025-08-11T18:30:00Z
3 Route de Contigny, 03500 Monétay-sur-Allier, France
2025-08-12T18:30:00Z
229 Les Remonds, Saint-Félix, France
2025-08-13T18:30:00Z
3 Rue de la Forêt, 03450 Veauce, France
Consultez le programme des lieux
Ébreuil
Marigny
Monétay-sur-Allier
Moulins
Veauce
Neuilly-le-Réal